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A l'association Culture Francophone
Le Bourg 61400 Villiers-sous-Mortagne.
Ce livre étant écrit sous un pseudonyme,
prière de régler à l'ordre de l'association.
Pierrette Auchère
L'ALCOOL AU
FÉMININ
Vingt-cinq
ans d’alcoolisme, voilà qui vous détruit une vie. La douce euphorie du début
a vite fait place à un cauchemar quotidien contre lequel je me sentais
impuissante.
Et l’alcool, c’est la honte, encore plus pour une femme, dans une société
qui pourtant s’abreuve copieusement mais « officiellement ».
Mon alcool à moi était celui des femmes, c’est-à-dire celui que l’on
cache : les bouteilles dans les placards agencées de façon à toujours en
avoir une sous la main, quelle que soit la pièce où mon mari pouvait se
trouver.
Oh, bien sûr, je n’ai pas été d’emblée alcoolique au dernier degré.
Cela s’est fait par paliers successifs, tout doucement, insidieusement, chaque
fois un peu plus profondément dans l’horreur – car c’en est une.
Les buveurs excessifs nient toujours leur état avec la dernière énergie, le
tabagique non. Car l’un suscite un sentiment de honte pour lui-même et son
entourage, l’autre tout au plus une gêne pour certaines personnes.
Cette histoire est celle d’une longue descente aux enfers, très lente mais inéluctable,
puis celle d’une remontée vers la vie ou, comme dans les contes de fée, tout
se termine bien.
Mais il s’en est fallu
de très peu que cette histoire ne s’achève tragiquement puisque tout cela
s’est soldé par une tentative de suicide, bien calculée, manquée d’extrême
justesse.
Au début, je buvais lors de certaines
occasions, puis seule, mais sans me poser de questions. Quand j’ai pris
conscience du désastre, il était déjà trop tard.
Je relate mon histoire en toute simplicité, sans fard, comme elle s’est réellement
passée, comme un mauvais roman noir qui se termine pourtant et étonnamment
bien.
J’ai
fait suivre le récit de ma vie d’alcoolique d’un second volet comportant
des textes plus scientifiques tout en laissant une large part au vécu. Le
lecteur verra comment on devient alcoolique, comment on peut se faire soigner,
le cas des femmes et des enfants, la rechute, la violence, la solitude du buveur
au stade terminal avec risque de suicide. Toutes choses qu’on n’imagine pas
un instant quand on ne les a pas vécues, personnellement ou à travers un
proche.
Il faut dire que je tenais assez bien l’alcool, car chez ma mère ou mon frère,
je complétais discrètement mes doses et personne ne s’est jamais aperçu de
rien. Quand je ressentais la fatigue incoercible qu’engendre forcément la
boisson, je prétextais la lassitude et je me retirais dignement. En fait, je
m’écroulais complètement, lamentablement.
Quand je repense à tout cela, je me dis que ma vie aurait été tout autre sans
l’alcool. Ma carrière, qui se présentait sous les meilleurs auspices puisque
j’étais chef de service dans une entreprise parisienne, n’aurait pas été
interrompue précocement. Ma vie de famille aurait été une vraie vie de
famille, peut-être avec des enfants, en tout cas avec d’autres relations avec
mon mari que celles que nous avions à cette époque.
Socialement, j’aurais eu une vie agréable avec des relations amicales et
professionnelles. Je n’aurais en tout cas pas gâché ma jeunesse et au-delà
comme je l’ai fait.
On ne peut revenir sur
le passé mais on peut indéniablement envisager l’avenir sous les meilleurs
auspices, car je suis en vie. Et libre.
138 pages 14,5 x 21 cm ISBN 2-9513299-0-3
Prix : 85 F soit 12,96 € franco de port

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